Vauhallan et Mère Geneviève Gallois
Geneviève Gallois, une grande artiste qui honore Vauhallan
Entre le voile et le
génie
Vauhallan a été le siège d’un évènement national avec le
colloque tenu, à l’occasion du
cinquantième anniversaire de sa mort,
sur mère Geneviève Gallois, le week-end des 6 et 7 octobre à l’Abbaye de Limon et à la salle
polyvalente de la commune. Ce colloque honore Vauhallan par la qualité des orateurs. Cette
manifestation formait la troisième marche de la reconnaissance publique de la
moniale artiste après l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Rouen en 2004 et
celle quatre ans plus tard du Musée national des Granges de Port-Royal à
Chevreuse. Ces expositions avaient montré par l’immense engouement qu’elles
avaient suscité au point que les deux catalogues sont épuisés, que Mère
Geneviève Gallois trouvait son public et que son génie émergeait de la solitude monastique. Le colloque
organisé par l’Abbaye de Limon qui depuis des années, avec celle de Jouques
près d’Aix-en-Provence[1],
met en valeur le travail de l’ancienne moniale, a permis de faire un point sur une œuvre demeurée
longtemps méconnue et nous attendons avec impatience la programmation du film « le génie et le
voile » réalisé par Lyzette Lemoine et Aubin Hellot qui devrait passer sur
KTO prochainement. Projeté dans la salle polyvalente de Vauhallan, il a servi d’émouvante
conclusion aux deux journées.
Mère Geneviève
(1888-1962) a une personnalité hors du commun. Religieuse entrée au
couvent à l’âge de 29 ans, elle avait choisi un ordre cloîtré, celui des
Bénédictines de Saint-Louis du Temple alors installé à Paris, rue Monsieur, à
proximité du boulevard des Invalides. Ainsi son art fut longtemps enfoui,
c’est-à-dire limité à ses consœurs, ou à quelques personnes dont le docteur
Paul Alexandre qui avait su apprécier les travaux qu’elle effectuait pour sa
communauté. En effet elle travaillait au sein d’un atelier de vêtements
liturgiques dont elle dessinait les motifs après les avoir esquissés sur papier, et d’un atelier de gravures d’images
pieuses, autre source de revenus du
couvent. Le fils du docteur Alexandre est venu dire comment son père avait
découvert ce talent en 1931 à l’occasion d’une vente de charité du couvent. Mais entre la
reconnaissance d’un amateur averti et éclairé –n’avait-il pas aussi, un des premiers,
découvert le génie de Modigliani ? - il y a encore du chemin à parcourir
pour une reconnaissance de l’œuvre. Le
temps doit accomplir son travail. Au sein de son couvent, où l’art n’était pas
absent puisque c’était un des hauts lieux du chant grégorien à Paris, même si elle n’était pas comprise de tous, et notamment de l’abbesse qui l’accueillit en
1919, son talent était apprécié puisqu’on lui confiait des tâches artistiques.
Mais elle-même, en s’isolant du monde laïc, avait aussi, d’une certaine
manière, rompu avec ce qui avait fait la première partie de sa vie. Après des
études à Montpellier qui l’avaient menée aux Beaux-Arts de Paris, elle avait
connu une première carrière ponctuée d’expositions et de commandes dénotant une
précoce notoriété. En particulier sa proximité avec le caricaturiste Willette, un ami de son
père, lui avait permis de découvrir les
vertus du trait rapide qui décrit une émotion et donne du sens et du
signifiant. Toute son œuvre postérieure en fut empreinte. Mais, et de manière
plus profonde, l’œuvre de Mère Geneviève Gallois ne peut vraiment se comprendre
qu’à travers son apparent renoncement à l’art durant une vingtaine d’années au
nom d’un don total à Dieu et à la vérité
qu’il incarne. Ces aspects psychologiques ont bien été décrits par Mme Catherine Marès auteur d’une récente
biographie spirituelle et artistique de l’artiste[2].
Les Conservateurs de Rouen et de Port-Royal montrèrent
combien l’œuvre de mère Geneviève
Gallois, s’inscrit parmi celle des plus grands peintres du XXème siècle. Mais
la difficulté est de la rattacher à une quelconque école. L’on sait combien
notre esprit rationnel, même en art, aime à ranger les peintres dans des
catégories. Pour une artiste ayant quitté le monde profane, c’est-à-dire les
échanges quotidiens avec d’autres artistes, l’approche ne peut être que
différente. Ainsi les premières années, jouent un rôle considérable. L’exposé de
Noël Alexandre a permis de faire comprendre combien dès sa jeunesse, Marcelle
Gallois (elle ne prendra la nom de Geneviève qu’après avoir prononcé ses vœux
monastiques) possède un style propre qu’elle a acquis en travaillant beaucoup à
la fois la nature et le portrait où véritablement elle excellait. Ainsi dans la
profondeur de sa méditation religieuse et de son enfouissement au monde pour
mieux se donner à Dieu elle a développé ses talents de manière autonome. Mais
les prémisses de ce qu’elle avait vu et compris du 20ème siècle
pictural qu’elle avait vu naître, vont continuer à germer en elle et à
s’épanouir. Comme la graine de sénevé qui reste des années sous terre, elle
éclora naturellement, pour donner à son œuvre son caractère si particulier. Son
expressionnisme fait la synthèse entre
la figuration et l’abstraction. Entre les deux grands courants de l’art
contemporain elle inscrira sa propre marque.
Celle-ci éclatera avec ce qui sera sa dernière commande. En
effet, l’Ordre Saint-Louis du Temple a dû quitter ses locaux parisiens et le
choix se porte sur le domaine de Limon à Vauhallan. Mais il s’agit d’y
construire un nouveau couvent dont les travaux ne débuteront qu’après la
seconde guerre mondiale. La première pierre sera posée par le Nonce Apostolique
du Pape Pie XII en France, Monseigneur
Roncalli, le future Pape Jean XXIII. Mais aux bâtiments conventuels et notamment
à l’église il faut des vitraux. Ainsi dès 1951 son abbesse commandera à Mère Geneviève les 22 verrières qui doivent orner l’église.
Elle s’y attelle. Art nouveau pour elle, elle apprendra à le maîtriser et le
magnifier. Ses vitraux sont à la fois un livre d’écriture sainte et un livre de
vie religieuse. Elle qui, avant cette
commande, n’avait jamais abordé cet art si particulier qu’est le vitrail, s’y impose
vite par son talent. Elle reçut aussi la
commande d’une autre série pour une
humble église rurale proche de Dieppe au Petit Appeville.
Les vitraux de Limon sont un symbole de son art puisqu’ils
sont autant de fenêtres ouvertes sur le monde témoignant de son art reconnu. Cette reconnaissance doit beaucoup au travail
inlassable de Noël Alexandre. Le fils du docteur Paul Alexandre, le découvreur
du talent de la religieuse, a lui-même
connu Mère Geneviève Gallois. Surtout,
Il a recueilli de son père toute
sa sensibilité et sa compréhension de l’artiste et d’une œuvre qui ne se livre
pas au premier coup d’œil. Ainsi il a
réalisé, lui aussi durant longtemps dans
une certaine solitude, un travail incomparable pour faire apprécier et connaître
Mère Geneviève Gallois[3].
Son livre paru en 1999 est désormais le travail de base sur lequel tous peuvent
s’appuyer. Travail de fond qui permet de
suivre pas à pas le processus de création artistique de la religieuse et de le
comprendre car au-delà de ses qualités d’historien, Noël Alexandre est aussi un
homme de foi à la piété profonde. Ainsi il peut découvrir à la fois le peintre,
sa technique et ce qui l’anime. Son livre est le reflet qu’il fallait à cette
œuvre si spécifique.
Comme l’a souligné le Conservateur du Musée de Rouen
Diederik Bakhuÿs, il reste maintenant à établir le catalogue raisonné de
l’œuvre de Mère Geneviève Gallois. Nul doute que ce sera rendu possible puisque
les abbayes de Limon et de Jouques toutes les deux détentrices de la majeure
partie de l’œuvre de la religieuse, vont
ouvrir leur musée jusqu’alors plus ou moins confidentiel à un public qui
s’élargit de plus en plus. Déjà à Limon les œuvres bénéficient d’une nouvelle
présentation mise en place pour la première fois lors des journées du
patrimoine de septembre 2012. Comme l’a souligné une intervenante, l’œuvre de
Mère Geneviève Gallois qui a pu paraître sans doute trop novatrice quand elle a
été créée, prend en revanche désormais tout son sens. Avec sa force, son
expressionnisme qui décrit si bien l’homme qui a souvent tant de mal à être un
saint ou même à se comporter dignement,
rejoint une actualité qui est aussi la nôtre. Mais au-delà et le jeu des
couleurs flamboyantes est là pour l’évoquer, il y aussi tous les espoirs que nous pouvons
mettre dans des lendemains que nous souhaitons meilleurs.
L’art et son message universel y
tient une grande place. C’est un honneur pour Vauhallan de posséder parmi les
multiples facettes de son patrimoine, le
trésor d’une des grandes artistes du XXème siècle.
[1]
Notre-Dame-de-la-Fidélité à Jouques est une fondation de Saint-Louis du Temple
datant de 1967
[2]
Catherine Marès, Le génie et le cloître. Une
biographie spirituelle et artistique de Mère Geneviève Gallois, Ed.
Nouvelle Cité, 2012
[3] Noël
Alexandre, Mère Geneviève Gallois,
bénédictine, peintre, graveur, verrier, Bruxelles, Marot, 1999.
dimanche, décembre 09, 2012 |
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Eglise Saint-Rigomer Sainte Ténestine
Depuis les journées du patrimoine 2009 nous avons été amenés à présenter l'église au public. Voici le texte de la fiche distribuée à cette occasion.
Eglise de Vauhallan
Eglise paroissiale Saint-Rigomer et Sainte Ténestine
fête le 24 août
L’église de Vauhallan se dresse au cœur du bourg ancien, sur une butte qui domine la place du village. Auparavant elle était entourée de son cimetière encore attesté par une photo des années 1850.
Une croix de 1602, classée (21 décembre 1984) jouxte l’église. Restaurée il y a quelques années, elle a été saccagée en 1998 et de nouveau restau rée et son enclos fermé par une grille.
La municipalité a commencer à mettre en oeuvre une campagne de travaux de restauration de l'ensemble de l'église.
Intérieur de l'église en 1954 (coll. part)
HISTORIQUE
De la première église, fondée vers 530 par Childebert 1er, fils de Clovis et de Sainte Clotilde, il ne reste plus que la crypte, en forme de croix, de proportions très humbles et très restaurée en 1860. L’histoire raconte que le roi Childebert fit construire l’église en souvenir d’un miracle accompli par Saint Rigomer et Sainte Ténestine. Les fouilles ont permis de mettre à jour des sarcophages mérovingiens.
La chapelle romane bâtie sur la crypte à la fin du 11ème siècle, fut considérablement agrandie à la fin du 13ème siècle, époque à laquelle on construisit la nef principale.
Au XIVème siècle sous le règne de Charles VI et grâce au roi devenu seigneur de Vauhallan en 1372, l’église fut restaurée. Une des clefs de voûte (troisième travée) porte les armes royales (fleurs de lys).
En 1479, par décision du 10 décembre, l’évêque de Paris, suite aux conséquences de la guerre de Cent Ans qui a ruiné le village, décide de rattacher l’église de Vauhallan à celle de Saclay (cette situation durera jusqu’à la Révolution).
Au milieu du 17ème siècle, François Passart, seigneur par achat du fief en 1654, fit restaurer et agrandir l’église (ses armoiries figurent à la clef de voûte de la seconde travée et celles de sa femme, Andrée Lucas, à celle de la première). C’est à la même époque que furent construits le bas-côté gauche et le portail carré.
1712, la famille de Villemur offre les cloches. Une des trois a survécu à la Révolution.
Durant la Révolution, l’église souffrit énormément. En 1793, ses tombeaux furent profanés, le sanctuaire dévasté, ses boiseries brisées et le mobilier vendu aux enchères publiques. Ainsi dépouillée, l’église fut convertie en temple de la déesse Raison, à l’instar de l’église de Saclay.
L’église ne fut rouverte au culte qu’en 1823 mais les mauvais traitements et l’abandon qu’elle avait subis entraînèrent sa détérioration.
En 1853, l’évêque de Versailles dut interdire l’accès de l’église, le délabrement des lieux mettant en danger la vie des personnes qui s’y rassemblaient.
En 1859, la nouvelle administration de Vauhallan entreprit la restauration sérieuse et totale de l’édifice ; De cette époque datent les vitraux à personnages des donateurs et le vitrail du miracle de Saint Rigomer et Sainte Ténestine et de la fondation de l’église de Vauhallan dans la chapelle de Saint Vincent.
Description intérieure :
L’église est en forme de croix latine.
Elle a conservé un autel baroque, sa chaire, deux statues du 15ème siècle de la Vierge et de Saint Jean qui devaient accompagner un crucifix qui a disparu.
Deux plaques funéraires se trouvent dans l’allée centrale. Sur une on lit encore le nom d’un des anciens seigneurs de Vauhallan, Jean de Moulineaux.
Les quelques toiles qui ornent les murs et qui ont été restaurées (grâce aux bons soins d’une religieuse de l’abbaye de Limon, dévouée à l’église de Vauhallan durant quarante ans, Sœur Henriette) sont mentionnées dans un inventaire de 1721. Elles représentent les mystères joyeux : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, l’Adoration des Bergers, puis le martyre de Saint Barthélemy signé Brague sans oublier un Christ et sa Mère du début du 18ème siècle.
Les vitraux du XIXème siècle ont été financés pour la plupart par de pieux donateurs. Certains vitraux demanderaient actuellement à être restaurés.
STATUT
Propriétaire : commune
Affectataire : culte catholique
Ouverture : sur demande auprès du Syndicat d’Initiative ou de la Mairie
Fréquence du culte : messe dominicale, deux samedis par mois à 18h00
PROTECTION
Type de Protection : ISMH
Date de l’arrêté : 19 octobre 1927
BIBLIOGRAPHIE :
Abbé A. Geoffroy, Pèlerinage historique et religieux à l'église et à la crypte de Vauhallan, publié en 1860 à Versailles et republié en 1994 par les soins de l'association Essonne Millénaire.
Abbé Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, Paris,
HISTORIQUE
De la première église, fondée vers 530 par Childebert 1er, fils de Clovis et de Sainte Clotilde, il ne reste plus que la crypte, en forme de croix, de proportions très humbles et très restaurée en 1860. L’histoire raconte que le roi Childebert fit construire l’église en souvenir d’un miracle accompli par Saint Rigomer et Sainte Ténestine. Les fouilles ont permis de mettre à jour des sarcophages mérovingiens.
La chapelle romane bâtie sur la crypte à la fin du 11ème siècle, fut considérablement agrandie à la fin du 13ème siècle, époque à laquelle on construisit la nef principale.
Au XIVème siècle sous le règne de Charles VI et grâce au roi devenu seigneur de Vauhallan en 1372, l’église fut restaurée. Une des clefs de voûte (troisième travée) porte les armes royales (fleurs de lys).
En 1479, par décision du 10 décembre, l’évêque de Paris, suite aux conséquences de la guerre de Cent Ans qui a ruiné le village, décide de rattacher l’église de Vauhallan à celle de Saclay (cette situation durera jusqu’à la Révolution).
Au milieu du 17ème siècle, François Passart, seigneur par achat du fief en 1654, fit restaurer et agrandir l’église (ses armoiries figurent à la clef de voûte de la seconde travée et celles de sa femme, Andrée Lucas, à celle de la première). C’est à la même époque que furent construits le bas-côté gauche et le portail carré.
1712, la famille de Villemur offre les cloches. Une des trois a survécu à la Révolution.
Durant la Révolution, l’église souffrit énormément. En 1793, ses tombeaux furent profanés, le sanctuaire dévasté, ses boiseries brisées et le mobilier vendu aux enchères publiques. Ainsi dépouillée, l’église fut convertie en temple de la déesse Raison, à l’instar de l’église de Saclay.
L’église ne fut rouverte au culte qu’en 1823 mais les mauvais traitements et l’abandon qu’elle avait subis entraînèrent sa détérioration.
En 1853, l’évêque de Versailles dut interdire l’accès de l’église, le délabrement des lieux mettant en danger la vie des personnes qui s’y rassemblaient.
En 1859, la nouvelle administration de Vauhallan entreprit la restauration sérieuse et totale de l’édifice ; De cette époque datent les vitraux à personnages des donateurs et le vitrail du miracle de Saint Rigomer et Sainte Ténestine et de la fondation de l’église de Vauhallan dans la chapelle de Saint Vincent.
Description intérieure :
L’église est en forme de croix latine.
Elle a conservé un autel baroque, sa chaire, deux statues du 15ème siècle de la Vierge et de Saint Jean qui devaient accompagner un crucifix qui a disparu.
Deux plaques funéraires se trouvent dans l’allée centrale. Sur une on lit encore le nom d’un des anciens seigneurs de Vauhallan, Jean de Moulineaux.
Les quelques toiles qui ornent les murs et qui ont été restaurées (grâce aux bons soins d’une religieuse de l’abbaye de Limon, dévouée à l’église de Vauhallan durant quarante ans, Sœur Henriette) sont mentionnées dans un inventaire de 1721. Elles représentent les mystères joyeux : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, l’Adoration des Bergers, puis le martyre de Saint Barthélemy signé Brague sans oublier un Christ et sa Mère du début du 18ème siècle.
Les vitraux du XIXème siècle ont été financés pour la plupart par de pieux donateurs. Certains vitraux demanderaient actuellement à être restaurés.
STATUT
Propriétaire : commune
Affectataire : culte catholique
Ouverture : sur demande auprès du Syndicat d’Initiative ou de la Mairie
Fréquence du culte : messe dominicale, deux samedis par mois à 18h00
PROTECTION
Type de Protection : ISMH
Date de l’arrêté : 19 octobre 1927
BIBLIOGRAPHIE :
Abbé A. Geoffroy, Pèlerinage historique et religieux à l'église et à la crypte de Vauhallan, publié en 1860 à Versailles et republié en 1994 par les soins de l'association Essonne Millénaire.
Abbé Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, Paris,
ICONOGRAPHIE :
Jean-Jacques Champin (1796-1860), une gravure (voir illustration ci-contre)
Léon Printemps (1871-1945), plusieurs tableaux
Association Essonne Millénaire
Association loi de 1901
3, Grande Rue, 91430 Vauhallan texte màj juin 2010
vendredi, septembre 25, 2009 |
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Vauhallan et Vauhallanais dans la guerre de 1914-1918

Cet article a été écrit en novembre 2008 à l'occasion d'une exposition organisée par la Mairie de Vauhallan et le syndicat d'initiative à laquelle nous avons collaboré.
Le 11 novembre 2008 marque le 90ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale. Alors que le dernier témoin français est décédé l’an dernier, alors que pour les plus jeunes cette guerre ressort désormais de la grande histoire, de celle que l’on apprend à l’école et non plus des souvenirs de famille, quelques rappels peuvent être évoqués.
Il ne s’agit pas de faire l’histoire de la guerre mais dans le cadre du bulletin municipal de rappeler quelques épisodes liés aux vauhallanais de l’époque et à ce qui a pu se passer à Vauhallan qui, bien que modeste, a eu son rôle dans ce qui porte le nom de « camp retranché de Paris ». Episodes de la vie vauhallanaise et des vauhallanais morts au combat.
Resituons tout d’abord le cadre. Au moment où éclate le premier conflit mondial, Vauhallan est une commune du département de la Seine-et-Oise , totalement agricole même si quelques familles parisiennes y possèdent déjà des résidences d’été. La population est alors de 371 habitants (recensement de 1911) ce qui marque une légère croissance depuis le début du siècle mais qui ne représente par rapport à aujourd’hui qu’environ 1/7ème. Cette croissance de population explique que plusieurs des morts cités sur le monument aux morts de la commune ne sont pas des vauhallanais de souche. Nés dans d’autres communes ils sont venus s’y installer, souvent par mariage. Ces vauhallanais habitent essentiellement le vieux centre bourg mais la partie basse a commencé à être lotie avec ce qu’à l’époque on nomme les pavillons. Vauhallan n’a pas l’électricité, ni l’eau courante. Les vauhallanais marchent beaucoup à pied. La ligne de chemin de fer Palaiseau-Versailles n’avait quand elle fut créée qu’une vocation stratégique et servait à ravitailler les forts qui ceinturaient Paris et il a fallu se battre pour obtenir une station à Igny. Le Maire est Armand Carette, et depuis 1912 l’instituteur Gaston Cabué (1875-1948). Les commerces sont encore peu nombreux. Ils se développeront surtout au retour de la guerre. L’activité principale est l’agriculture. Comme tous les Français de l’époque les vauhallanais vivent dans l’esprit de la revanche de la dure défaite de 1870. Il faut reprendre l’Alsace et la Lorraine. Durant 45 ans la politique a beaucoup consisté à rivaliser avec l’Allemagne en matière de progrès scientifiques et industriels, en matière d’armement et de présence internationale (les colonies).Les instituteurs ont développé ce goût pour la Patrie ; le service militaire unit les français de toutes les classes sociales et de toutes les régions. La conscription et le conseil de révision sont des évènements locaux que l’on fête à Vauhallan comme dans les 37 500 communes de France.
Ainsi en août 1914 les vauhallanais partent à la guerre confiants et optimistes . Ils espèrent tous revenir bientôt, comme les journaux le disent, revenir pour Noël. Ils partent d’autant plus tranquilles qu’en août la majeure partie des travaux des champs ont été effectués. Il n’y a plus de vendanges à Vauhallan depuis la crise du phylloxera qui a entraîné l’arrachage de toutes les vignes. Et puis les femmes sont là pour achever les travaux car à cette époque toutes les femmes aident aux tâches agricoles. Durant l’été 14, les jeunes de la classe 14 sont appelés mais aussi les hommes plus âgés. Pour Vauhallan c’est sans doute plus de trente hommes qui partent. Ainsi l’instituteur de 39 ans doit aussi quitter et son poste et sa famille. C’est le cas pour tous.
La mort frappera ainsi autant les jeunes que des adultes même si les plus âgés servent dans des corps moins exposés (Territoriale, ou comme garde-voie [de chemin de fer] par exemple). Joseph Burcon, parti sous les drapeaux dés la déclaration de guerre, décèdera en 1918 à 34 ans. C’est le doyen des morts de Vauhallan. Les autres mourront souvent plus jeunes. La moitié de ceux figurant sur le monument aux morts du cimetière et dont on a pu retrouver les traces (12 sur les 17 inscrits, grâce au fichier informatisé du Service Historique de la Défense ) sont morts à moins de 24 ans. Quatre sont morts à 20 ans. Ce sont souvent les premiers mois d’engagement qui sont le plus meurtriers. Sept sur nos douze vauhallanais sont décédés ayant passé moins d’un an de front. Les grands combats, comme la bataille de la Marne de septembre 14 ont fait 250 000 morts soit 1/5 de tous les morts français du conflit. Pas de Vauhallanais. Les lieux de décès montrent que les vauhallanais ont participé à tous les grands combats. Le premier mort, Désiré Tassin, est signalé le 2 novembre 1914 dans l’Aisne c'est-à-dire durant « la course à la mer » lorsqu’il a fallu stabiliser le front de la Manche à la Suisse.. Il ouvre la liste des 17 qui se retrouveront en 1920 sur le monument aux morts que la commune fera élever en souvenir de ses enfants . En 1916 Fernand Detollenaere sera tué à Verdun. En 1918 il y aura trois morts liés à la reprise de l’offensive qui amènera à la victoire.
Chaque année une nouvelle classe est appelée sous les drapeaux. Les Vauhallanais ont été appelés dans des régiments et armes très divers. Parmi les morts il ne semble pas y avoir deux dans le même régiment. Nous trouvons une majorité de soldats d’infanterie (Désiré Tassin, Louis Lerondeau, André Fauvet, Léon Leroy, Jules Leroy , Auguste Detollenaere, Gabriel Perrin) mais aussi des cavaliers (Auguste Burçon, Henry d’Algarra, Auguste Leroy), des artilleurs (Alexis Leclerc, Henri Laurans , Alexis Leclerc) et un sapeur du Génie (Léon Bouland).
La guerre amène de profonds bouleversements dans la vie des habitants car si les hommes sont partis il faut les remplacer dans de nombreuses tâches. Ainsi à l’instituteur fait place une institutrice, Marie Grévin. La vie quotidienne est modifiée. Les déplacements sont encadrés. Ainsi pour sortir de la commune il faut, comme le montre le document présenté, des laisser passer. Des soldats attachés au camp retranché de Paris logent chez l’habitant comme René Legrand qui laissera un poème sur son séjour à Vauhallan. En effet le grand changement pour Vauhallan est de se retrouver dans la zone militaire dite du camp retranché de Paris. La petite histoire locale rejoint la grande histoire nationale surtout dès lors que le général Galliéni a pris l’engagement de défendre Paris pour que la capitale ne subisse pas une nouvelle fois l’affront de 1870. Depuis des forts ont été construits.
Le 11 novembre 2008 marque le 90ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale. Alors que le dernier témoin français est décédé l’an dernier, alors que pour les plus jeunes cette guerre ressort désormais de la grande histoire, de celle que l’on apprend à l’école et non plus des souvenirs de famille, quelques rappels peuvent être évoqués.
Il ne s’agit pas de faire l’histoire de la guerre mais dans le cadre du bulletin municipal de rappeler quelques épisodes liés aux vauhallanais de l’époque et à ce qui a pu se passer à Vauhallan qui, bien que modeste, a eu son rôle dans ce qui porte le nom de « camp retranché de Paris ». Episodes de la vie vauhallanaise et des vauhallanais morts au combat.
Resituons tout d’abord le cadre. Au moment où éclate le premier conflit mondial, Vauhallan est une commune du département de la Seine-et-Oise , totalement agricole même si quelques familles parisiennes y possèdent déjà des résidences d’été. La population est alors de 371 habitants (recensement de 1911) ce qui marque une légère croissance depuis le début du siècle mais qui ne représente par rapport à aujourd’hui qu’environ 1/7ème. Cette croissance de population explique que plusieurs des morts cités sur le monument aux morts de la commune ne sont pas des vauhallanais de souche. Nés dans d’autres communes ils sont venus s’y installer, souvent par mariage. Ces vauhallanais habitent essentiellement le vieux centre bourg mais la partie basse a commencé à être lotie avec ce qu’à l’époque on nomme les pavillons. Vauhallan n’a pas l’électricité, ni l’eau courante. Les vauhallanais marchent beaucoup à pied. La ligne de chemin de fer Palaiseau-Versailles n’avait quand elle fut créée qu’une vocation stratégique et servait à ravitailler les forts qui ceinturaient Paris et il a fallu se battre pour obtenir une station à Igny. Le Maire est Armand Carette, et depuis 1912 l’instituteur Gaston Cabué (1875-1948). Les commerces sont encore peu nombreux. Ils se développeront surtout au retour de la guerre. L’activité principale est l’agriculture. Comme tous les Français de l’époque les vauhallanais vivent dans l’esprit de la revanche de la dure défaite de 1870. Il faut reprendre l’Alsace et la Lorraine. Durant 45 ans la politique a beaucoup consisté à rivaliser avec l’Allemagne en matière de progrès scientifiques et industriels, en matière d’armement et de présence internationale (les colonies).Les instituteurs ont développé ce goût pour la Patrie ; le service militaire unit les français de toutes les classes sociales et de toutes les régions. La conscription et le conseil de révision sont des évènements locaux que l’on fête à Vauhallan comme dans les 37 500 communes de France.
Ainsi en août 1914 les vauhallanais partent à la guerre confiants et optimistes . Ils espèrent tous revenir bientôt, comme les journaux le disent, revenir pour Noël. Ils partent d’autant plus tranquilles qu’en août la majeure partie des travaux des champs ont été effectués. Il n’y a plus de vendanges à Vauhallan depuis la crise du phylloxera qui a entraîné l’arrachage de toutes les vignes. Et puis les femmes sont là pour achever les travaux car à cette époque toutes les femmes aident aux tâches agricoles. Durant l’été 14, les jeunes de la classe 14 sont appelés mais aussi les hommes plus âgés. Pour Vauhallan c’est sans doute plus de trente hommes qui partent. Ainsi l’instituteur de 39 ans doit aussi quitter et son poste et sa famille. C’est le cas pour tous.
La mort frappera ainsi autant les jeunes que des adultes même si les plus âgés servent dans des corps moins exposés (Territoriale, ou comme garde-voie [de chemin de fer] par exemple). Joseph Burcon, parti sous les drapeaux dés la déclaration de guerre, décèdera en 1918 à 34 ans. C’est le doyen des morts de Vauhallan. Les autres mourront souvent plus jeunes. La moitié de ceux figurant sur le monument aux morts du cimetière et dont on a pu retrouver les traces (12 sur les 17 inscrits, grâce au fichier informatisé du Service Historique de la Défense ) sont morts à moins de 24 ans. Quatre sont morts à 20 ans. Ce sont souvent les premiers mois d’engagement qui sont le plus meurtriers. Sept sur nos douze vauhallanais sont décédés ayant passé moins d’un an de front. Les grands combats, comme la bataille de la Marne de septembre 14 ont fait 250 000 morts soit 1/5 de tous les morts français du conflit. Pas de Vauhallanais. Les lieux de décès montrent que les vauhallanais ont participé à tous les grands combats. Le premier mort, Désiré Tassin, est signalé le 2 novembre 1914 dans l’Aisne c'est-à-dire durant « la course à la mer » lorsqu’il a fallu stabiliser le front de la Manche à la Suisse.. Il ouvre la liste des 17 qui se retrouveront en 1920 sur le monument aux morts que la commune fera élever en souvenir de ses enfants . En 1916 Fernand Detollenaere sera tué à Verdun. En 1918 il y aura trois morts liés à la reprise de l’offensive qui amènera à la victoire.
Chaque année une nouvelle classe est appelée sous les drapeaux. Les Vauhallanais ont été appelés dans des régiments et armes très divers. Parmi les morts il ne semble pas y avoir deux dans le même régiment. Nous trouvons une majorité de soldats d’infanterie (Désiré Tassin, Louis Lerondeau, André Fauvet, Léon Leroy, Jules Leroy , Auguste Detollenaere, Gabriel Perrin) mais aussi des cavaliers (Auguste Burçon, Henry d’Algarra, Auguste Leroy), des artilleurs (Alexis Leclerc, Henri Laurans , Alexis Leclerc) et un sapeur du Génie (Léon Bouland).
La guerre amène de profonds bouleversements dans la vie des habitants car si les hommes sont partis il faut les remplacer dans de nombreuses tâches. Ainsi à l’instituteur fait place une institutrice, Marie Grévin. La vie quotidienne est modifiée. Les déplacements sont encadrés. Ainsi pour sortir de la commune il faut, comme le montre le document présenté, des laisser passer. Des soldats attachés au camp retranché de Paris logent chez l’habitant comme René Legrand qui laissera un poème sur son séjour à Vauhallan. En effet le grand changement pour Vauhallan est de se retrouver dans la zone militaire dite du camp retranché de Paris. La petite histoire locale rejoint la grande histoire nationale surtout dès lors que le général Galliéni a pris l’engagement de défendre Paris pour que la capitale ne subisse pas une nouvelle fois l’affront de 1870. Depuis des forts ont été construits.
dimanche, août 23, 2009 |
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Les Arpentis
Le domaine des Arpentis en Essonne
Le beau domaine des Arpentis toujours bien visible au milieu de ses terres forme un des ensembles les plus anciens de Vauhallan. A ce titre il a été inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 15 mars 1988 (ISMH).
S’il faut en croire l’Abbé A.Geoffroy dans son ouvrage Pelrinage historique et religieux à l'Eglise de Vauhallan, réédité en 1994, par l'association Essonne Millénaire et toujours disponible au prix de 12 euros franco en s'adressant à l'Association Essonne Millanéaire aux bons soins du Syndicat d'Initiative de Vauhallan, Mairie, 91430 Vauhallan), il s’agit du premier fief laïc de la commune, érigé à une époque où l’église et les quelques maisons qui devaient l’entourer, était encore dépendante du domaine de Palaiseau propriété de l‘Eglise Saint-Germain-des-Près [de Paris] depuis la fin du Xème siècle ayant été auparavant domaine royal des mérovingiens. Le fief des Arpentis est attesté depuis la fin du 11ème siècle, aux alentours de 1086, où un certain Robert de Repenti est mentionné dans un acte du Prieuré de Longpont.. Seigneurie née de la féodalité et des défrichements qui l'accompagnent puisque ces petits fiefs du domaine royal avaient pour objectif de fidéliser des proches du roi en leur assurant un revenu issu du produit des terres. Elle s’inscrit tout à fait dans le cadre des micro fiefs comme l'Ile-de-France en a connu tant : ils sont de très petite taille car le roi ne veut pas de concurrents et en même temps il doit renforcer son pouvoir et les liens de fidélité sur le plus grand nombre. Mais la petite taille, comparée à celle des exploitations actuelles, doit être relativisée. Elle l’était moins au Moyen-Âge où "la seigneurie d'Arpentis se divisait en plusieurs fiefs…". L’endroit était en effet placé dans une situation assez stratégique comme on le constate encore de nos jours où le domaine demeure un des repères du plateau. « La maison seigneuriale d'Arpentis, occupait une des plus belles positions du pays, en face du vallon, sur les hauteurs de la plaine de Saclay. Elle était entourée de fossés comblés récemment et d'un parc aujourd’hui rasé ». Ainsi avant d’étudier les bâtiments et de retracer leur histoire et celle des lieux il est intéressant de citer quelques uns des possesseurs de ce domaine seigneurial .
Les possesseurs du domaine
Durant les trois premiers siècles qui suivent sa création le fief reste dans la mouvance féodale classique et les seigneurs d’Arpentis se succèdent les uns aux autres. Inscrits sur la porte de l’église après les travaux de l’abbé Geoffroy peuvent être cités Robert d'Arpentis (1170-1200), Henry d’Arpentis (1361). Par la suite, les fiefs étant de plus en échangés ou vendus en étant devenus des biens fonciers et non plus seulement des honneurs liés au devoir de service public auquel était lié le seigneur, les Arpentis se retrouvent, en 1402, aux mains de Jean de Vaucelles, écuyer. Il n’a pas de fils et l’aînée de ces deux filles, Marguerite, épouse, vers 1450, Jacquemin de Moulineaux, seigneur de Vauhallan à qui elle apporte le fief. Cette famille conserva le domaine, le fief étant donc rattaché alors à celui de Vauhallan. De 1464-1481 Jean de Moulineaux (mort avant 1481) sans doute fils du précédent, est seigneur d’Arpentis et de Vauhallan en partie. C'est très probablement sa tombe que l'on voit dans l'église, au bout de la nef, la plus rapprochée du choeur. On distingue encore sur la pierre la forme d'un manteau court, une épée, un casque et ce fragment d'inscription : « Ci git Jehan de Moulinaux en son vivant seigneur d’Arpenty et de Vauhallant qui trépassa le xxviii jour de mars... ». Ses fils lui ont succédé de 1481-1491. Jean de Moulineaux l’ainé et Jean de Moulineaux le jeune, chauffecire de la chancellerie, sont nommés dans plusieurs actes comme coseigneurs de Vauhallan et d’Arpentis. Ce sont des personnages importants pour Vauhallan et son développement. En effet, ils obtiennent en 1491, du roi Charles VIII, le rétablissement de l'ancienne foire de Vauhallan, la veille de la Saint-Barthélémy et d’un marché tous les vendredis. A leur mort sans enfant, la seigneurie passe à leur nièce, Marie de Moulineaux, fille d'Etienne de Moulineaux, seigneur de Saclay et prévôt de Châteaufort. Marie de Moulineaux épouse en troisièmes noces Robert Le Cirier, avocat au Parlement de Paris , à qui elle porte ses biens. Elle a du s’éteindre vers 1554 ne laissant de son mariage qu’une fille Marie Le Cirier, épouse de Pierre Fraguier. C’est à sa mort que les fiefs de Vauhallan et des Arpentis furent de nouveau disjoints. Par la suite quelques autres noms de possesseurs des Arpentis peuvent être cités. Maître Hurault dit Bergeon, notaire à Paris, devient seigneur des Arpentis en 1554 le fief passant alors définitivement aux mains de familles bourgeoises de Paris intéressées par les propriétés foncières mêlant production et droits divers et qui représentent alors la base de toute fortune. Par la suite on note un René Le Comte, avocat, seigneur « en partie d’Arpenti » en 1580. Quelques années après Loys de Menisson, seigneur de Repenti près Saclé, décédé le 25 mars 1587, se fera enterré à Paris dans la nef de l’Eglise des Filles Dieu. Au XVIIème siècle on trouve, vers 1640. Claude Bazin de Bezons, dont la famille fut illustrée par Jacques Bazin de Bezons, Maréchal de France, en 1709. Les Arpentis appartinrent durant toute la deuxième partie du 17ème et le début du 18ème à la famille de Bernetz . C'est sans doute la famille de Bernetz qui fut la dernière famille résidente aux Arpentis ce qui explique à la fois la construction soignée du logis du 17ème siècle et l'inhumation de Madame de Bernetz et de ses enfants morts en couche dans l'église de Vauhallan. Les Bernetz cédèrent le domaine, en 1719, à Claude François du Mas, Fermier général, seigneur de Corbeville. Ce dernier le revend au marquis et au duc de Beuvron de la maison d'Harcourt qui le conservèrent jusqu’à la Révolution.Des bâtiments chargés d’histoire
Si l’allure générale des Arpentis semble avoir peu changé depuis le XVIIIème siècle époque pour laquelle existe les premiers plans à peu près fiables, en revanche des évolutions notables sont apparues sur les bâtiments transformés jusqu’au XXème siècle. Il faut tout d’abord imaginer l’ensemble avec, d’une part des douves protectrices encore visibles sur les plans du XVIIIème et attestées par l’Abbé Geoffroy dans la seconde partie du XIXème ; d’autre part un parc d’agrément à l’ouest c'est-à-dire côté plateau et non côté village.
Actuellement les Arpentis se présentent sous la forme, assez répandue dans toute l’Ile-de-France d’une ferme close de murs à cour carrée. Plusieurs des bâtiments, pour lesquels un relevé avait été effectué en 1980 par le Service régional de l’Inventaire, sont intéressants. Si le fief peut être attesté au XIème siècle, l’ensemble du bâti actuel remonte pour les parties les plus anciennes au XVIIème siècle (ancien logis), l’essentiel étant des XVIIIème, XIXème et XXème (maison d’habitation actuelle). Le bâtiment le plus intéressant demeure celui de l’ancien logis qui fait face à l’actuelle entrée. A l’extérieur, on remarque, en particulier la porte d’entrée très soignée avec son bel encadrement et son linteau de grès taillé avec des refends. Un fronton triangulaire avec cartouche ovale surmonte le linteau. Le logis est couvert par un beau toit à quatre pentes. A l’intérieur, au rez-de-chaussée, cloisonné par des pans de bois, le sol est en partie carrelé et une trappe mène à une cave. Le dossier d’inscription de 1988 mentionnait également la présence des restes d’un plafond à solives peintes dans les pièces du rez-de-chaussée. Sur la paroi nord il y a une cheminée. L’escalier menant à l’étage commence par deux marches de pierre, le reste des deux volées est en bois. Le travail de la rambarde et des balustres en bois tourné est particulièrement soigné. A l’étage le sol est carrelé et une belle cheminée à manteau orne le pignon nord. Au dessus l’étage de combles a un sol en plâtre. Les autres bâtiments sont fonctionnels. Il s’agit de granges, étables, remises plus ou moins utilisées actuellement car peu ou plus adaptées aux nouveaux modes d’exploitation. Les douves ont entièrement disparu ainsi que d’autres bâtiments plus anciens qui ont sans doute existé comme un four à pain évoqué par les services de l’Inventaire ne 1980.
A noter à l’extérieur des murs la présence d'une marre. Les marres étaient un des attributs des grandes fermes. Elles avaient de multiples usages puisqu’elles servaient autant pour abreuver les animaux que pour arroser le potager ou encore comme réserve d’eau en cas d’incendie. Les marres disparaissent de plus en plus du paysage des grandes fermes.
dimanche, août 23, 2009 |
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Vauhallan, histoire
VAUHALLAN
Notice communale
ou monographie de l'instituteur
Vauhallan petite commune du sud de l’arrondissement de Versailles a une superficie de 334 hectares et renferme une population de 310 habitants, elle a pour hameaux : Limon et le Pont-aux-Canes, pour écarts : La Grande Fontaine, Richeville, les Arpentis et la Grand- Maison. Ce village admirablement situé au fond d’un étroit vallon qui commence aux étangs de Saclay et se termine à la Vallée de la Bièvres, est abrité des vents du Nord par un coteau irrégulier à pente assez rapide avec des courbes prononcées qui montrent à chaque instant des paysages nouveaux. Autrefois, des vignes et des bois couvraient cette petite colline si bien exposée aux rayons du soleil, mais aujourd’hui ces plantations ont disparu pour faire place à des champs de fraisiers que la belle exposition du midi fait mûrir hâtivement. Le coteau opposé à une pente beaucoup plus douce et se développe assez régulièrement, couvert autrefois de bois, il est aussi aujourd’hui planté de fraisiers. Au fond du joli vallon, coule un ruisseau qui prend sa source sur le territoire de la commune au pied de la ferme de Richeville. Ce petit cours d’eau qui sert de décharge au trop plein des étangs de Saclay rend de grands services aux habitants du pays et même des pays voisins en leur fournissant l’eau utile à leurs besoins. Le village de Vauhallan est bâti sur le penchant de la côte exposée au sud, il jouit d’une température douce. Au centre se trouve un petit monticule sur lequel est bâti l’église dominant le village. Si l’on gravit les coteaux qui entourent Vauhallan comme d’une ceinture, on se trouve sur un plateau où l’on a sous les yeux un immense panorama qui se développe et s’étend jusqu’à huit ou dix lieux. Vauhallan touchant aux communes de Palaiseau, Orsay, Saclay, Bièvres, Igny et Verrière-le-Buisson, est situé à une lieue de Palaiseau, son canton à trois lieues de Versailles, son chef-lieu d’arrondissement et son département est à quatre lieues et demi de Paris, la capitale de la France. Ce petit pays bien pauvre autrefois a acquis aujourd’hui grâce à sa culture maraîchère particulièrement la fraise et le haricot sinon la fortune au moins l’aisance. C’est à Paris que sont expédiés tous les produits du sous-sol : légumes, fruits, céréales, etc… L’hiver, les habitants s’occupent à tirer la pierre meulière expédiée aussi sur Paris. L’on peut donc assurer que Vauhallan doit sa prospérité au voisinage de cette grande ville qui demande tant de choses à ses voisins. Le commerce est exercé à Vauhallan par quatre marchands de vin, deux épiciers, un charcutier ; quant à l’industrie, elle est nulle, c’est aux pays voisins qu’il faut avoir recours pour avoir les aliments, les vêtements, etc…
Deuxième partie
Histoire résumée de la commune
L’origine de la commune de Vauhallan (Vallis Hallandi et Vallis Halani au 13ème siècle) remonte aux premiers rois mérovingiens. Le village de Vauhallan à l’inverse de beaucoup d’autres, possède aujourd’hui toute son histoire locale. Depuis une très haute antiquité, il a l’histoire de son église. Depuis le commencement de la monarchie française, l’histoire de ses pasteurs depuis Charlemagne, l’histoire de ses seigneurs à partir du 11ème et 12ème siècle, la chronologie de ses habitants depuis le 14ème siècle. Cet ensemble historique et chronologique est inscrit sur les panneaux intérieurs de la grande porte neuve de l’église. L’église actuelle a été construite vers 530 sous le règne du roi Childebert, fils de Clovis et de Clotilde. L’église primitive ne devait être qu’un simple chapelle romane bâtie sur une petite crypte en forme de croix qui existe encore et qui a été restaurée en 1859. Plus tard aux 13ème et au 17 siècle, elle fut reconstruite et agrandie, mais à la suite de dégradations importantes, cet édifice fut interdit en 1853 et rendu de nouveau au culte en 1859, après une restauration sérieuse et complète exécutée sous la direction de l’Adjoint, M. de Cayrol. Depuis cette époque, aucune réparation sérieuse n’ayant été faite, l’église s’est crevassée de nouveau et menaçait de tomber en ruine, il a fallu en cette année 1899 dépenser plusieurs milliers de francs pour la restaurer complètement. Rien n’a été négligé à l’intérieur comme à l’extérieur , tout a été fait sérieusement sous l’habile direction de M. Gémy, maire. D’après le système féodal, la commune de Vauhallan était divisée en quatre principaux fiefs : Vauhallan, Limon, les Arpentis, Richeville. Voici les noms des principaux personnages illustres qui les ont possédés : En 1313 Enguerrand de Marigny reçoit un don du roi Philippe le-Bel, la haute justice de Vauhallan et de Limon. Le fief de Vauhallan fut acheté en 1389 par Pierre de Craon, mais ayant attenté le 14 juin 1392 à la vie du connétable Olivier de Clisson, il est banni et dépossédé de sa terre de Vauhallan par le roi Charles VI qui la donne à son frère Louis d’Orléans. Ce dernier le concède bientôt aux Célestins de Paris qui font faire en 1394 une estimation de leur nouveau domaine. L’enquête établi que par suite des malheurs du temps, la guerre et la peste, Vauhallan est inhabitable. Il n’y est resté que deux laboureurs Jehan de l’Estang et Phélizot Coulon. L’hôtel seigneurial n’est plus qu’une masure et la foire qui existait anciennement ne rapporte plus rien. Tels étaient les désastres causés par la guerre de cent ans. En 1600, ce fief passa entre les mains de Philippe de Béthune, Chevalier, Comte de Moret, frère du grand Sully. Le fief de Richeville fut possédé par Pierre de Richeville qui était Gouverneur d’Etampes. En 1675, la haute justice de Vauhallan passe au Duc de Chevreuse qui cède au roi Louis XIV, par échange, ce duché et les droits qui en dépendent. En 1692, le roi Louis XIV le cède à son tour aux dames de Saint-Cyr qui le conservent, ainsi que la haute justice de Vauhallan pendant la plus grande partie du dix-huitième siècle. Il ne reste plus aujourd’hui que les vestiges des châteaux seigneuriaux des Arpentis et de Richeville tandis que ceux de Limon et de Vauhallan ont été remplacés par des constructions élégantes qui n’inspirent plus aucune crainte aux habitants de la commune, vivants librement sur un sol qu’ils fécondent de leur sueur.Troisième partie
Histoire de l’école
Avant 1832, il n’existait pas d’école à Vauhallan. Les enfants de ces villages devaient se rendre soit à Jouy-en-Josas, soit à Igny, pour recevoir les notions les plus élémentaires de la lecture, de l’écriture et du calcul. La difficulté de se rendre soit à l’une ou l’autre de ces écoles faisait que beaucoup d’enfants restaient totalement privés d’instruction et que ceux qui fréquentaient l’école l’hiver seulement, n’étaient pas bien savants, ce qui est facile à constater parmi les quelques vieillards qui existent dans la commune, qui ne savent pas ou savent à peine lire et écrire, le calcul se faisant de tête. Enfin, en 1832, le premier instituteur fait son apparition dans le village, mais hélas, on ne savait où le placer pour faire la classe et les logements qui reçurent les premiers élèves prouvent encore aujourd’hui que l’installation primitive fut des plus défectueuse. Cet état de choses dura jusqu’en 1850, époque où une école véritable fut mise à la disposition du maître. Malheureusement, cette nouvelle construction était trop petite et ne répondait pas aux besoins de la population. En effet, elle n’avait que 28 mètres carrés de surface et plus de 40 élèves s’y pressaient pour venir recevoir l’instruction. Cette classe trop exiguë dépourvue de cour et exposée à tous les vents, sans aucun abris, aurait subsisté bien des années encore si le gouvernement de la République, comprenant que le premier devoir d’une démocratie, est de procurer à tous les bien-faits de l’instruction, n’avait encouragé la construction de nouvelles écoles mieux installées et dignes d’un peuple libre. Grâce à une forte subvention de l’Etat et du Département, la commune put construire une nouvelle maison d’école plus en rapport avec les besoins et au mois de novembre 1886, 45 élèves faisaient leur rentrée dans une salle spacieuse et aérée où toutes les sages prescriptions de l’hygiène avaient été observées.Ecole publique mixte de Vauhallan
La commune de Vauhallan ayant acquis un terrain de la contenance de 21 ares, 10 à l’extrémité est du village, y a construit en 1886 le logement de l’instituteur et la Mairie sur le bord de la route et l’école au milieu du terrain de façon que la cour de récréation des enfants soit entre le logement et la classe. Le jardin de l’instituteur est au-dessous. L’école actuelle est vaste, propre, saine, bien éclairée par six grandes fenêtres au-dessus desquelles douze vantaux permettent d’aérer. Le chauffage de la salle se fait au coke dans un poêle à briques réfractaires. Enfin, la salle de classe mesure 10 mètres de long, 5,75 mètres de large et cube 230 mètres. A chaque extrémité de cette salle il y a un vestiaire de 1,80 mètres de large qui sert d’abri aux enfants en attendant que les préaux projetés soient faits. L’école reçoit actuellement 16 garçons et 24 filles âgés de 5 à 13 ans, en tout 40 enfants répartis en trois catégories : division enfantine ou cours préparatoire, cours élémentaire et cours moyen. La direction est confiée à un instituteur qui est aidé dans ses tâches par sa femme chargée d’enseigner la couture aux jeunes filles. Si de grands progrès ont été accomplis dans la construction des maisons d’école, on peut constater que la position matérielle et morale des maîtres a également prospéré. Ainsi en 1833, le maître d’école de Vauhallan ne touchait que 200 Francs en 1834, le Conseil municipal vu la modicité de son traitement lui accordait un supplément de 60 Francs tandis qu’aujourd’hui, l’instituteur reçoit 1 500 Francs avec un supplément de 400 Francs. De grands progrès ont été également réalisés dans l’enseignement. Ainsi, autrefois, les maîtres étaient livrés à eux-mêmes dans leurs classes et n’avaient que des programmes incomplets et la même instruction était loin d’être donnée dans toute la France. Aujourd’hui, grâce à la nouvelle organisation pédagogique, les matières de l’enseignement primaire ont été augmentées, réparties d’une manière plus rationnelle selon l’âge et la force des enfants et l’on peut affirmer que si l’instruction des élèves a fait un grand pas en avant, c’est à cette sage réforme et à l’emploi des meilleures méthodes que la jeunesse de nos écoles en est redevable. La petite école de Vauhallan possède une bibliothèque scolaire qui compte actuellement plus de 238 volumes, ce qui permet aux élèves et à toute personne studieuse les moyens de s’instruire et de se recréer. Enfin, la nouvelle loi sur l’obligation et la gratuité sont venues compléter l’ensemble des mesures prises par le gouvernement républicain pour assurer aux jeunes français les bienfaits d’une éducation et d’une instruction qui feront d’eux des hommes instruits et des citoyens honnêtes. Malheureusement, ces lois n’ont pas produit tout le résultat qu’on était en droit d’en attendre. A Vauhallan, la fréquentation de l’école laisse beaucoup à désirer. Les enfants qui peuvent rendre quelques services à leurs parents quittent la classe en avril ou mai et ne la reprennent qu’en octobre ou novembre. Il est impossible d’obtenir de bons résultats avec ces enfants qui oublient l’été ce qu’ils ont appris l’hiver. Il serait à désirer que les lois scolaires fussent appliquées et que les commissions municipales scolaires fonctionnent régulièrement afin que les enfants retenus à tord ou à raison par leurs parents puissent acquérir pour l’avenir une bonne instruction et surtout une bonne éducation. L’instituteur de Vauhallan
L. Vinot
Version dactylographiée mars 2007 sur l’original conservé aux Archives départementales des l’Essonne Corrigée 28/09/07
mardi, juillet 21, 2009 |
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Domaine de Belair

L’ensemble immobilier récemment acquis par la Municipalité de Vauhallan pour le transformer en logements sociaux a une longue histoire. La partie la plus ancienne correspond au domaine de Belair nom sous lequel il apparaît dans les documents cartographiques les plus anciens où la maison figure avec son parc.
Origines de la maison
Il s’agit d’une des maisons les plus anciennes de Vauhallan. L’histoire, pour une part, en est connue ou peut être reconstituée. Les cartes du 18ème siècle, heureusement assez nombreuses montrent clairement qu’il s’agit d’un des quatre domaines seigneuriaux, héritiers des anciens fiefs féodaux, répartis sur la commune. Il s’agit du plus petit (par rapport aux Arpentis, le plus ancien, Limon et Richeville) Sur les cartes de l'abbé de la Grive qui date de 1740 et des Chasses du Roi . (vers 1765) ainsi que sur le Plan d’Intendance (vers 1780) ce domaine apparaît bien visible avec sa situation si particulière –légèrement en oblique- par rapport à la chaussée et facilement repérable par rapport à l’église. On distingue clairement un parc d'agrément et un jardin. Il s’agit d’un domaine de dimension relativement modeste dépendant sans doute du Couvent des Célestins de Paris et qui fait penser à une maison de campagne ou à une ferme, type habituel des dépendances des ordres monastiques répandues sur toute l’Ile-de-France. C'est, par sa taille et son authenticité, un des plus beaux ensembles de Vauhallan qui est resté encore bien lisible même si le bâti est actuellement en assez mauvais état et si la maison a été, à plusieurs reprises, retouchée au 19ème siècle et, sans doute, également un peu au 20ème : jours de combles bouchés, marquise de verre ajoutée au dessus de la porte…Néanmoins les proportions sont là, le toit conserve sa forme ancienne, une belle lucarne gerbière se trouve sur la façade rue sur une petite annexe. A noter que dans le dossier de pré-inventaire datant des années 1980 , cette maison est relevée mais non étudiée. Elle est d’ailleurs donnée du 19ème siècle ce qui est une erreur.
Il s’agit d’une des maisons les plus anciennes de Vauhallan. L’histoire, pour une part, en est connue ou peut être reconstituée. Les cartes du 18ème siècle, heureusement assez nombreuses montrent clairement qu’il s’agit d’un des quatre domaines seigneuriaux, héritiers des anciens fiefs féodaux, répartis sur la commune. Il s’agit du plus petit (par rapport aux Arpentis, le plus ancien, Limon et Richeville) Sur les cartes de l'abbé de la Grive qui date de 1740 et des Chasses du Roi . (vers 1765) ainsi que sur le Plan d’Intendance (vers 1780) ce domaine apparaît bien visible avec sa situation si particulière –légèrement en oblique- par rapport à la chaussée et facilement repérable par rapport à l’église. On distingue clairement un parc d'agrément et un jardin. Il s’agit d’un domaine de dimension relativement modeste dépendant sans doute du Couvent des Célestins de Paris et qui fait penser à une maison de campagne ou à une ferme, type habituel des dépendances des ordres monastiques répandues sur toute l’Ile-de-France. C'est, par sa taille et son authenticité, un des plus beaux ensembles de Vauhallan qui est resté encore bien lisible même si le bâti est actuellement en assez mauvais état et si la maison a été, à plusieurs reprises, retouchée au 19ème siècle et, sans doute, également un peu au 20ème : jours de combles bouchés, marquise de verre ajoutée au dessus de la porte…Néanmoins les proportions sont là, le toit conserve sa forme ancienne, une belle lucarne gerbière se trouve sur la façade rue sur une petite annexe. A noter que dans le dossier de pré-inventaire datant des années 1980 , cette maison est relevée mais non étudiée. Elle est d’ailleurs donnée du 19ème siècle ce qui est une erreur.
Maison de campagne de la famille de Vitry
Dans la seconde partie du XIXème siècle, sous le règne de Napoléon III, cette maison fut acquise par Hyacinthe de Vitry (1815-1892), riche parisien qui fut attiré à Vauhallan par le Maire de l’époque Eugène Stadler (Paris 1816- Vauhallan, 1875) , lui aussi, parisien ayant sa résidence de campagne à Vauhallan. Hyacinthe de Vitry fut un de ceux qui participèrent à la restauration de l’église et il fit en particulier don d’un des vitraux, celui de Sainte Marthe du nom de sa fille unique. Hyacinthe de Vitry [d'Avaucourt] est enterré à Vauhallan où sa tombe est toujours visible. A la mort de Hyacinthe, en 1892 , la maison fut transmise à sa fille unique Marthe (1853-1903) épouse en 1876 de Carlos Luis d’Algarra 1846-1904). Les mauvaises affaires de ce dernier l’amenèrent à hypothéquer la maison de Vauhallan qui fut vendue à l’extrême fin du XIXème siècle. Leur fille Inès, née en 1876 , dans ses mémoires manuscrites , évoque cette maison où elle passa la belle saison durant son enfance avec son frère Henri et sa sœur Régine « Grand-Père avait acheté en 1855 une grande maison à Vauhallan. Un de ses amis Monsieur de Stadler y résidait presque toujours et disait à mon grand-père : « vous qui parlez toujours de votre Normandie, venez donc voir mon coin, rien que des près et des bois - Il m’assomme avec son Vauhallan, disait mon grand-père, il faut que j’y aille un jour ! » Il le fit et revint enthousiasmé, voulant absolument acquérir un logis dans ce joli village. Il n’y avait à vendre qu’une grande maison avec un grand toit Louis XIV. On disait que cela s’appelait Le Couvent, qu’il y avait eu là des moines. C’était alors occupé par plusieurs familles de paysans ; au rez-de-chaussée il y avait même une étable. Grand-père acheta et peu à peu libéra la maison. Au début il n’occupait que le premier étage ; la maison était mal distribuée, toutes les pièces se commandaient, un seul escalier dans un bout, un autre extérieur. Quand on recevait on souhaitait le beau temps, la salle à manger étant au rez-de-chaussée et le salon au premier étage. Du grand clos entourant la maison on avait un délicieux petit parc avec quantité de beaux arbres, des grands sapins plantés trois par trois et qui donnaient l’été des abris plein de fraîcheur . Au bas du parc une pièce d’eau avait été creusée, il y avait trois sources [pour l’alimenter], elle avait onze mètres de long sur trois ou quatre mètres de large, on y péchait des petits poissons qui sentaient la vase mais que les domestiques trouvaient bons, des grenouilles que nous rejetions à l’eau et de superbes écrevisses. Je vois encore le buisson arrivant sur la table ». Ajoutons pour l’anecdote que la maison durant la guerre de 1870 fut occupée par des officiers prussiens qui n’y firent aucun dégât. Au cours du XXème siècle la maison eut divers propriétaires. Elle fut prolongée (à droite quand on regarde la façade) par deux nouvelles constructions dont une très caractéristique du style marquant la période 1930/1950. Quant à l’ancien parc il fut loti dans l
es années 1980.
es années 1980. Cet ensemble immobilier commence une nouvelle vie prouvant une fois de plus que le patrimoine bâti peut évoluer au cours des âges sachant s’adapter aux besoin de chaque époque.
mardi, juillet 21, 2009 |
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