Vauhallan et Vauhallanais dans la guerre de 1914-1918

dimanche, août 23, 2009 Publié par Philippe M.


Cet article a été écrit en novembre 2008 à l'occasion d'une exposition organisée par la Mairie de Vauhallan et le syndicat d'initiative à laquelle nous avons collaboré.

Le 11 novembre 2008 marque le 90ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale. Alors que le dernier témoin français est décédé l’an dernier, alors que pour les plus jeunes cette guerre ressort désormais de la grande histoire, de celle que l’on apprend à l’école et non plus des souvenirs de famille, quelques rappels peuvent être évoqués.

Il ne s’agit pas de faire l’histoire de la guerre mais dans le cadre du bulletin municipal de rappeler quelques épisodes liés aux vauhallanais de l’époque et à ce qui a pu se passer à Vauhallan qui, bien que modeste, a eu son rôle dans ce qui porte le nom de « camp retranché de Paris ». Episodes de la vie vauhallanaise et des vauhallanais morts au combat.

Resituons tout d’abord le cadre. Au moment où éclate le premier conflit mondial, Vauhallan est une commune du département de la Seine-et-Oise , totalement agricole même si quelques familles parisiennes y possèdent déjà des résidences d’été. La population est alors de 371 habitants (recensement de 1911) ce qui marque une légère croissance depuis le début du siècle mais qui ne représente par rapport à aujourd’hui qu’environ 1/7ème. Cette croissance de population explique que plusieurs des morts cités sur le monument aux morts de la commune ne sont pas des vauhallanais de souche. Nés dans d’autres communes ils sont venus s’y installer, souvent par mariage. Ces vauhallanais habitent essentiellement le vieux centre bourg mais la partie basse a commencé à être lotie avec ce qu’à l’époque on nomme les pavillons. Vauhallan n’a pas l’électricité, ni l’eau courante. Les vauhallanais marchent beaucoup à pied. La ligne de chemin de fer Palaiseau-Versailles n’avait quand elle fut créée qu’une vocation stratégique et servait à ravitailler les forts qui ceinturaient Paris et il a fallu se battre pour obtenir une station à Igny. Le Maire est Armand Carette, et depuis 1912 l’instituteur Gaston Cabué (1875-1948). Les commerces sont encore peu nombreux. Ils se développeront surtout au retour de la guerre. L’activité principale est l’agriculture. Comme tous les Français de l’époque les vauhallanais vivent dans l’esprit de la revanche de la dure défaite de 1870. Il faut reprendre l’Alsace et la Lorraine. Durant 45 ans la politique a beaucoup consisté à rivaliser avec l’Allemagne en matière de progrès scientifiques et industriels, en matière d’armement et de présence internationale (les colonies).Les instituteurs ont développé ce goût pour la Patrie ; le service militaire unit les français de toutes les classes sociales et de toutes les régions. La conscription et le conseil de révision sont des évènements locaux que l’on fête à Vauhallan comme dans les 37 500 communes de France.

Ainsi en août 1914 les vauhallanais partent à la guerre confiants et optimistes . Ils espèrent tous revenir bientôt, comme les journaux le disent, revenir pour Noël. Ils partent d’autant plus tranquilles qu’en août la majeure partie des travaux des champs ont été effectués. Il n’y a plus de vendanges à Vauhallan depuis la crise du phylloxera qui a entraîné l’arrachage de toutes les vignes. Et puis les femmes sont là pour achever les travaux car à cette époque toutes les femmes aident aux tâches agricoles. Durant l’été 14, les jeunes de la classe 14 sont appelés mais aussi les hommes plus âgés. Pour Vauhallan c’est sans doute plus de trente hommes qui partent. Ainsi l’instituteur de 39 ans doit aussi quitter et son poste et sa famille. C’est le cas pour tous.

La mort frappera ainsi autant les jeunes que des adultes même si les plus âgés servent dans des corps moins exposés (Territoriale, ou comme garde-voie [de chemin de fer] par exemple). Joseph Burcon, parti sous les drapeaux dés la déclaration de guerre, décèdera en 1918 à 34 ans. C’est le doyen des morts de Vauhallan. Les autres mourront souvent plus jeunes. La moitié de ceux figurant sur le monument aux morts du cimetière et dont on a pu retrouver les traces (12 sur les 17 inscrits, grâce au fichier informatisé du Service Historique de la Défense ) sont morts à moins de 24 ans. Quatre sont morts à 20 ans. Ce sont souvent les premiers mois d’engagement qui sont le plus meurtriers. Sept sur nos douze vauhallanais sont décédés ayant passé moins d’un an de front. Les grands combats, comme la bataille de la Marne de septembre 14 ont fait 250 000 morts soit 1/5 de tous les morts français du conflit. Pas de Vauhallanais. Les lieux de décès montrent que les vauhallanais ont participé à tous les grands combats. Le premier mort, Désiré Tassin, est signalé le 2 novembre 1914 dans l’Aisne c'est-à-dire durant « la course à la mer » lorsqu’il a fallu stabiliser le front de la Manche à la Suisse.. Il ouvre la liste des 17 qui se retrouveront en 1920 sur le monument aux morts que la commune fera élever en souvenir de ses enfants . En 1916 Fernand Detollenaere sera tué à Verdun. En 1918 il y aura trois morts liés à la reprise de l’offensive qui amènera à la victoire.

Chaque année une nouvelle classe est appelée sous les drapeaux. Les Vauhallanais ont été appelés dans des régiments et armes très divers. Parmi les morts il ne semble pas y avoir deux dans le même régiment. Nous trouvons une majorité de soldats d’infanterie (Désiré Tassin, Louis Lerondeau, André Fauvet, Léon Leroy, Jules Leroy , Auguste Detollenaere, Gabriel Perrin) mais aussi des cavaliers (Auguste Burçon, Henry d’Algarra, Auguste Leroy), des artilleurs (Alexis Leclerc, Henri Laurans , Alexis Leclerc) et un sapeur du Génie (Léon Bouland).

La guerre amène de profonds bouleversements dans la vie des habitants car si les hommes sont partis il faut les remplacer dans de nombreuses tâches. Ainsi à l’instituteur fait place une institutrice, Marie Grévin. La vie quotidienne est modifiée. Les déplacements sont encadrés. Ainsi pour sortir de la commune il faut, comme le montre le document présenté, des laisser passer. Des soldats attachés au camp retranché de Paris logent chez l’habitant comme René Legrand qui laissera un poème sur son séjour à Vauhallan. En effet le grand changement pour Vauhallan est de se retrouver dans la zone militaire dite du camp retranché de Paris. La petite histoire locale rejoint la grande histoire nationale surtout dès lors que le général Galliéni a pris l’engagement de défendre Paris pour que la capitale ne subisse pas une nouvelle fois l’affront de 1870. Depuis des forts ont été construits.
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